Apnée et volumes pulmonaires : poumons pleins, vides et FRC
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À quel niveau de remplissage faut-il retenir sa respiration ? Poumons pleins, à moitié pleins, ou complètement vides ? Cette question, qui surprend souvent les débutants, ouvre la porte à un aspect fascinant de l'apnée. Travailler avec différents volumes pulmonaires permet de développer des qualités variées et d'explorer sa physiologie. Cet article approfondit ce point technique évoqué dans notre guide de l'apnée à sec.
Quels sont les trois niveaux de remplissage pulmonaire en apnée ?
Imaginez vos poumons comme un contenant que vous pouvez remplir à différents niveaux avant de retenir votre souffle. L'application Apnea Coach travaille principalement trois de ces niveaux, illustrés ci-dessous.

Les trois niveaux de remplissage travaillés : poumons pleins (PP), mi-plein (FRC) et poumons vides (PV).
Qu'est-ce qu'une apnée à poumons pleins (PP) ?
On inspire au maximum avant de retenir sa respiration. C'est le mode le plus intuitif et le plus utilisé, notamment pour les apnées de performance : on part avec la plus grande réserve d'air possible. Le confort est bon, mais la cage thoracique est très étirée, ce qui demande du relâchement pour ne pas créer de tensions.
Qu'est-ce que la FRC (capacité résiduelle fonctionnelle), ou mi-plein ?
On retient sa respiration à un niveau intermédiaire, sans inspirer ni expirer à fond : c'est la position naturelle des poumons au repos, appelée capacité résiduelle fonctionnelle (FRC, de l'anglais « functional residual capacity »). C'est la position que prennent vos poumons quand vous expirez normalement et que vous vous arrêtez, sans forcer. Le travail en FRC est précieux car il reproduit certaines sensations de la plongée profonde et sollicite la tolérance au CO2 plus rapidement, avec une réserve d'air réduite.
Qu'est-ce qu'une apnée à poumons vides (PV) ?
On expire au maximum avant de retenir sa respiration. Contre-intuitif et exigeant, ce mode place le corps face au manque très rapidement, avec une petite réserve d'air. Il est utilisé pour travailler la tolérance et certaines adaptations spécifiques. À réserver aux pratiquants déjà à l'aise, car les sensations arrivent vite et fort.
Qu'est-ce que le volume résiduel ?
Même après avoir expiré tout l'air possible, vos poumons ne sont jamais totalement vides. Il reste toujours une quantité d'air incompressible, appelée le volume résiduel. C'est une réalité anatomique : les poumons et la cage thoracique ne peuvent pas se comprimer au-delà d'un certain point à la surface.

Représentation des volumes : entre poumons pleins et poumons vides se trouve l'air mobilisable ; en dessous subsiste le volume résiduel, impossible à expulser.
Ce volume résiduel joue un rôle important en apnée profonde : sous l'effet de la pression, les poumons se compriment, et le volume résiduel devient un enjeu physiologique majeur. Mais c'est un sujet de plongée en profondeur qui dépasse le cadre de cet article centré sur le travail à sec.
Qu'est-ce que la carpe (packing) en apnée ?
La carpe (ou « packing » en anglais) est une technique qui consiste à ajouter de l'air dans les poumons au-delà de l'inspiration maximale, en « pompant » de petites quantités d'air avec la bouche et la gorge, un peu à la manière d'un poisson, d'où son nom. Elle permet d'augmenter le volume d'air embarqué au-delà de la capacité normale.
Avertissement important : la carpe est une technique avancée, à ne pratiquer qu'une fois l'apnée bien maîtrisée et idéalement sous encadrement. Mal exécutée ou poussée à l'excès, elle peut provoquer des malaises et des blessures (barotraumatismes, chute de tension). Un débutant n'a aucun besoin de la carpe pour progresser.
Il existe aussi la « carpe inversée », qui consiste à retirer de l'air des poumons pour descendre sous le volume résiduel : elle relève d'une pratique experte et sort totalement du cadre du débutant.
Faut-il de grands poumons pour être bon en apnée ?
C'est une idée reçue tenace. Le volume pulmonaire aide, mais il est loin d'être le facteur déterminant. Le relâchement, l'efficacité de l'oxygénation, la tolérance au CO2 et la technique pèsent bien plus lourd. De nombreux excellents apnéistes ont des capacités pulmonaires moyennes : ils compensent largement par la maîtrise et l'économie. Travailler ses volumes pulmonaires n'a donc pas pour but d'avoir « de plus gros poumons », mais d'apprendre à retenir son souffle confortablement dans des conditions variées.
Foire aux questions
Quel volume choisir quand on débute ?
Commencez toujours à poumons pleins : c'est le plus confortable et le plus sûr. Les modes FRC et poumons vides s'abordent plus tard, une fois les sensations bien connues.
Le travail à poumons vides est-il dangereux ?
Il n'est pas dangereux en soi à sec et en position stable, le buste légèrement relevé, mais les sensations de manque arrivent très vite. Il demande de l'expérience pour être bien vécu et ne se pratique jamais dans l'eau sans encadrement.
La carpe fait-elle vraiment gagner en performance ?
Elle augmente le volume d'air disponible, mais son rapport bénéfice/risque est défavorable pour la plupart des pratiquants. Les progrès viennent bien plus sûrement du relâchement et de l'entraînement régulier.
En résumé
Travailler ses volumes pulmonaires, c'est apprendre à retenir son souffle à différents niveaux de remplissage : poumons pleins, mi-plein (FRC) et poumons vides, chacun développant des qualités propres. Le volume résiduel rappelle qu'on ne vide jamais totalement ses poumons, et la carpe reste une technique avancée à aborder avec prudence. Pour pratiquer ces variations en sécurité, l'application Apnea Coach propose des séances guidées adaptées à chaque niveau.
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